Les Echos : The New Youth of Alcohol-Free Drinks

Les Echos : La nouvelle jeunesse des boissons sans alcool

Appuyez

Une nouvelle désirabilité

Pourtant, l’idée n’est pas neuve. Dès les années 70 et 80, une première vague d’apéritifs sans alcool était apparue et avait connu un petit succès : le Canada Dry (« Doré comme l’alcool, son nom sonne comme un nom d’alcool… mais ce n’est pas de l’alcool »), puis les Panach ou Buckler côté bières, les anisés Pacific ou l’inoubliable Mister Cocktail côté apéritifs. Mais bien souvent, tremper ses lèvres dans ces boissons relevait plus de la contrainte, voire de la punition, que du plaisir, car le goût n’y était pas vraiment. Pire, ces boissons étaient rapidement étiquetées comme ringardes par ceux qui les essayaient.

French Bloom, une boisson pétillante bioMALO

"Entre les années 2000 et 2010, c'était un marché plutôt vieillissant, en recul, qui souffrait d'une mauvaise image auprès des consommateurs", résume Antoine Susini, directeur marketing de Heineken France. C'était avant qu'il ne retrouve un second souffle via les bières d'abord et se construise une image plus désirable et festive. Parmi les pionniers de ce renouveau, Seedlip, fondée par l'Anglais Ben Branson en 2015, dont le mélange aromatique de piment de la Jamaïque, de cardamome, d'écorce de citron et de zeste est aujourd'hui siroté dans les bars du monde entier.

Une stratégie pour déculpabiliser.

Entre-temps, la donne a changé. La santé n'est plus seulement l'apanage des politiques publiques, elle est au cœur des préoccupations des consommateurs, en particulier
des millennials, qui ont fait du bien-être un nouveau gourou. "Aujourd'hui, on fait de plus en plus attention à ce que l'on consomme : on privilégie le bio, le local... Jusqu'à présent, le phénomène ne concernait pas beaucoup les boissons. Désormais, on commence à apporter autant d'attention à son verre qu'à son assiette", observe Marion Lebeau, cofondatrice de l'apéritif Osco une idée qui lui est venue alors qu'elle était enceinte et trouvait l'offre inadaptée : trop sucrée, artificielle et peu festive.

Si la France se classe encore troisième parmi les 38 pays de l'OCDE qui boivent le plus, une flopée de nouveaux mots importés de Grande-Bretagne sont venus décrire la tendance : le slow drinking, qui préfère la dégustation à la consommation excessive jusqu'à la soif, ou le nolo, qui fait référence à l'abstinence (no alcohol) ou à la modération (low alcohol by volume).

Dry London Spirit, le gin sans alcool de Lyre's

"Depuis les années 1960, on assiste à un déclin structurel de la consommation d'alcool, en particulier chez les jeunes. Les gens boivent moins, mais de meilleure qualité", explique Benoît Heilbrunn, professeur de marketing à l'ESCP. Le phénomène de modération participe également à la sacralisation grandissante de l'apéritif, renforcée par les différents confinements.

"L'heure de l'apéritif est de plus en plus longue, car les repas sont de moins en moins structurés et la frontière avec le dîner de moins en moins claire. Et pour faire durer ce moment, on réduit le degré d'alcool", poursuit le spécialiste, qui avance une raison plus profonde à ce succès, "une stratégie de déculpabilisation, dans une culture influencée par l'histoire judéo-chrétienne".

Autrement dit, le moyen de se donner bonne conscience…
Un soin apporté au packaging

Pour ces nouvelles boissons tendance, l’art consiste à imiter les codes des spiritueux classiques, depuis leurs saveurs, y compris une amertume caractéristique, jusqu’au packaging. Lyre’s, lancée en 2019 et qui fête son millionième flacon vendu, en est passé maître. La marque australienne décline tous les alcools les plus populaires, du gin au whisky, du rhum à l’amaretto, dans des bouteilles au design épuré rappelant l’âge d’or des cocktails. « Vos papilles sont habituées à certains goûts, comme le spritz en France. Il s’agit de ne pas les délaisser », explique le fondateur Mark Livings.

Osco, l’apéritif 0° créé par les Françaises Laura Falque et Marion Lebeau.
Jeune start-up française, Osco a tracé une voie différente.
« Nous ne voulions pas être une copie d’un alcool existant, l’enjeu étant de ne pas passer pour un jus ou un soda. Nous avons opté pour un goût prononcé et une amertume avec une belle longueur en bouche », décrit Marion Lebeau. Son secret de fabrication ? Le verjus, un jus de raisin vert récolté à la main avant maturité́, allié à des plantes aromatiques.

Casse-tête technique

Un défilé malin, car l'élaboration technique de ces breuvages est un véritable casse-tête qui repose sur d'astucieuses innovations techniques. Certains font disparaître l'alcool, à l'instar d'Heineken, qui chauffe à basse température sa bière après brassage, pour l'évaporer tout en préservant les saveurs.

«Nous avons investi 6 millions d'euros en 2019 dans notre brasserie alsacienne pour installer la technologie 0.0 sur une ligne dédiée. Ainsi, toutes nos références 0 % d'alcool sont désormais « made in France »,

» assure Antoine Susini. Lyre's s'appuie sur « une méthode scientifique d'avant-garde », dixit son fondateur. Le procédé consiste à isoler trois molécules, des essences, des extraits et un distillat, puis de les mélanger dans de l'éthanol à base d'eau, avant d'y ajouter des arômes naturels.

 À LIRE AUSSI : Spiritueux : les géants mondiaux se mettent à l'alcool… sans alcool

« Certaines saveurs sont particulièrement compliquées à recréer, le côté fumé du whisky par exemple. Une autre difficulté est la texture : la sensation un peu visqueuse en bouche. Nous avons beaucoup travaillé là-dessus. L'idée, là encore, est d'avoir la sensation de boire de l'alcool. » Ses créations ont du succès auprès de trois profils : les seniors et les interdits d'alcool pour raisons médicales ou religieuses, les jeunes, soucieux de leur bien-être, et la génération des quadras, qui cherchent à modérer leur consommation.


Un petit verre, vous reprendrez bien une petite goutte ?

Article link.

Panier

Votre panier est vide

Vous aimerez aussi

  • French Bloom Le Blanc 0.0% alcohol bottle on a minimalist off-white background.
    Le Blanc 29 €

    Vif & Équilibré - 0.0%

  • A bottle of French Bloom Le Rosé with pale pink liquid, a white label, and a metallic rose gold foil top, centered on a light beige background.
    Le Rosé 34 €

    Floral & généreux - 0.0%

  • French Bloom L’Extra Brut 0.0% alcohol bottle on a minimalist off-white background.
    L'Extra Brut 49 €

    Minéral & Précis - 0.0%

  • French Bloom La Cuvée Vintage 2023 bottle presented alongside its signature wooden gift box.
    La Cuvée Vintage 2023 109 €

    Complexe & gastronomique - 0.0%